Portrait : Vincent Decaluwe : “Je suis très bien ici”


Manager sportif général du club, Vincent Decaluwe revient sur son parcours et son travail au sein du RF42.

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Qui es-tu ? Et quel est ton parcours ?

Vincent Decaluwe, 33 ans, marié et père de deux enfants. A la base, j’étais passionné de sport et je me suis très tôt destiné à un cursus dans le sport et l’éducation sportive, et j’ai effectué une formation Licence en STAPS après le bac. J’ai en parallèle commencé à passer mes diplômes d’éducateur, car je sentais que le métier de professeur d’EPS n’était pas la bonne voie pour moi, je l’ai compris au cours de ma formation et de mes stages. Je voulais travailler avec un public plus réceptif, plus sportif, plus rigoureux, plus compétiteur. J’ai eu le Brevet d’État d’Éducateur Sportif à 21 ans, ce qui était assez jeune, et le Diplôme d’Entraineur de Football à 25 ans, j’étais l’un des plus jeunes au niveau national.

Sur un plan sportif, peux-tu nous raconter ton cheminement jusqu’au RF42 ?

En tant que joueur, c’est assez simple, j’ai toujours joué à l’ES Veauche, mon club formateur, là où je vivais. J’ai gravi tous les échelons chez les jeunes jusqu’au seniors et le niveau régional où j’ai effectué un parcours très vite avorté par les contraintes du métier d’éducateur sportif.

En tant qu’éducateur sportif, j’ai également commencé à Veauche, mais les perspectives d’évolutions étaient limitées et j’ai eu une sollicitation de la part de l’AS Saint Etienne et j’ai évidemment accepté. Ça a été une très bonne expérience, j’ai travaillé sur de la préformation avec les benjamins (13 ans) à l’époque. J’ai parallèlement fait une année chez les féminines, sur de la D3 (3ème division) et sur de la formation.

Et puis, grâce au partenariat avec l’ASSE, j’ai découvert le Loire Nord FC lors d’une formation éducateur un samedi matin au CSADN. J’ai bien accroché avec les dirigeants, Dominique Guillet, Patrick Ramelet ou Franck Patissier pour ne citer qu’eux. Ils m’avaient proposé d’intégrer le club mais c’était compliqué pour moi de me délocaliser sur le roannais cette année-là, donc j’avais fait le choix de rester à St Etienne. L’année suivante, on a décidé de franchir le cap sur le plan sportif mais aussi familial, et je suis arrivé ici.

Ton arrivée au club s’est bien passée ? Quelles ont été tes missions ?

Sur un plan humain, tout s’est très bien passé avec les dirigeants et les membres du club. Au niveau du coaching, j’ai eu les seniors 1 sur 5 saisons et nous avons gagné une coupe de la Loire, et frôlé la montée chaque année, et ce rôle est devenu pesant sur la fin. C’est pour cela qu’on est parti sur une mission auprès des jeunes au niveau du club, qui me rappelle mes premières années en tant qu’éducateur. C’est complétement différent car même si la finalité est de gagner un match le week-end, l’approche de la semaine est totalement différente entre de la compétition seniors et de la formation chez les jeunes. Je suis revenu à mes premiers amours en quelque sorte. Je suis également présent sur les entrainements U9, et j’anime du football en périscolaire dans les écoles de Mably.

Une mission importante cette année est de faire labéliser le Roannais Foot 42 au niveau Elite

Tu es donc aujourd’hui manager sportif général du club, comment tu en es arrivé là et quelles sont tes missions ?

Avant la création du poste, il y avait plusieurs éducateurs qui travaillaient un peu dans leur coin, avec leur philosophie et leur méthode. L’objectif a été de mettre en place une ligne directrice avec un projet de jeu qui débute chez les U7 pour finir chez les seniors. C’est donc un contenu assez large, il faut harmoniser les séances d’entrainements entre toutes les catégories, les philosophies de jeu également. Il faut également mettre en place une cellule de recrutement pour essayer d’attirer le plus tôt possible les jeunes potentiels du roannais, évaluer les joueurs en interne pour savoir quels sont ceux sur lesquels on peut miser sur 2 ans, 4 ans ou plus. Il faut bien-sûr constituer un organigramme technique en collaboration avec les dirigeants, et notamment Franck Patissier qui gère la formation et l’école de foot au sein du club. Au-delà du sportif, il y a les missions administratives pures de club, comme la saisie des licences, des feuilles de matchs et autres missions, en collaboration avec Christophe Laplace.

Une mission importante cette année est de faire labéliser le Roannais Foot 42 au niveau Elite. Je dois tout mettre en place pour que l’on rentre dans les cases et qu’on soit reconnu juste en dessous des clubs professionnels.

Tu nous parles de la ligne directrice, quels en sont les grands points ? Les objectifs ?

A la base, on était parti sur le joueur de football et ses qualités de joueur de football. Après 2-3 ans de fonctionnement, on a mis en place une pyramide du joueur de demain du Loire Nord FC et donc du Roannais Foot 42 à présent. La base de cette pyramide, ce sont les habiletés sociales, l’éducation, la politesse, être un bon coéquipier, la solidarité, l’entraide. Au-dessus, on a les habiletés mentales, qui sont d’être compétiteur, d’avoir la volonté de se dépasser et de se donner pour l’équipe et pour gagner. Enfin, au sommet de la pyramide, on a les habiletés techniques, tactiques et physiques. Au début, on avait un peu oublié les deux premières parties de la pyramide, leurs valeurs et surtout leurs importances, ce qui nous a amené à certaines déconvenues. On rattrape donc tout ça petit à petit avec le temps.

Vous avez remis en avant le rôle éducatif du sport, c’était important pour toi ?

Oui effectivement. Pour le joueur U7, l’objectif est de le retrouver en seniors 12 ans plus tard. On s’aperçoit que nos joueurs de seniors 1, qui évoluent en Honneur Régional, sont des garçons qui ont des valeurs et qui sont des joueurs de club, et on essaie d’inculquer cela dès les petites catégories. Après, évidemment et heureusement, il y a le niveau sportif qui dans notre culture est souvent mis en avant, mais il ne faut surtout pas oublier cette base d’habiletés sociales et mentales qui peut être une carence parfois au niveau du club.

C’est surtout le plaisir de permettre aux générations futures d’évoluer à ce niveau-là, qui est assez extraordinaire pour le club

Tu es également entraineur des U15 Elite pour la deuxième année consécutive, tu les as maintenus à ce niveau l’an passé, est-ce une fierté de l’avoir fait ? En serait-il une de rééditer cela cette année ?

Fierté n’est peut-être pas le bon mot, je suis ici pour accomplir une mission. On a fait l’année passée une excellente saison, on a remporté la coupe de la Loire, ce qui n’était pas arrivé au club depuis la création du LNFC, et on réalise le meilleur classement ja

mais obtenu avec une 8ème place en Ligue Elite. Aussi, l’équipe réserve est montée en Ligue Promotion et l’équipe 3 a gagné son championnat au niveau Roannais. Aujourd’hui, c’est en quelque sorte le sentiment du devoir accompli mais c’est surtout le plaisir de permettre aux générations futures d’évoluer à ce niveau-là, qui est assez extraordinaire pour le club. Il est clair que ce n’est pas notre niveau, on descendra certainement un jour et on essaie de prolonger ce rêve là pour les jeunes d’année en année.

Vincent Decaluwe et son adjoint Fabrice Bernigaud

Vincent Decaluwe et son adjoint Fabrice Bernigaud

Tu permets de poursuivre le travail fait en amont sur la catégorie, c’est un travail qui ne doit pas être évident au quotidien ?

C’est certain. On a mis le groupe 15 ans, qui est en difficulté cette saison, face à leurs responsabilités et face à leurs ainés il y a une quinzaine de jours. Ceux qui avaient fait monter le club en Elite et qui, pour certains, n’ont pas pu y jouer malheureusement, et puis les 3 générations qui ont maintenu le club. Le but était de leur faire comprendre que c’était à eux de construire l’histoire du club et non de la détruire cette année. C’était une belle leçon de valeurs entre les différentes générations et on espère que les 14 ans joueront en Elite l’année prochaine parce qu’on aura fait le boulot.

On a gagné la coupe la saison dernière, c’était la cerise sur le gâteau, mais l’objectif est de maintenir le club le plus longtemps possible à cet étage-là. Quand on voit que les clubs en difficulté sont Grenoble qui évolue en CFA, Bourg Péronnas qui évolue en Ligue 2, on a tout dit, on joue à un niveau extraordinaire pour nous et c’est très difficile de se maintenir.

Je souhaite rester là le plus longtemps possible pour aider le club à grandir

Pour finir, Vincent Decaluwe dans 1 an, 5 ans, 10 ans, ça donne quoi ?

Je n’y ai jamais réfléchi (rire) ! Pour être honnête,  j’ai été ambitieux sur le début de mes années d’éducateur, de 25 à 30 ans, ou j’ai cherché à passer des diplômes, gravir des échelons, intégrer des structures comme à l’ASSE, aider à construire les bases du LNFC ici. J’ai eu une grosse opportunité il y a 2 ou 3 ans que j’ai refusée et qui a mis un terme à mes ambitions sportives. Aujourd’hui, je suis très bien ici, et je souhaite rester là le plus longtemps possible pour aider le club à grandir. Je n’ai pas d’autres ambitions à l’heure actuelle, aucune volonté d’aller entrainer ailleurs ou à un niveau plus élevé, ce n’est plus dans mes projets.