Damien Vernay : « le jeu avant l’enjeu »


Nous vous présentons aujourd’hui Damien Vernay, éducateur U14. De ses débuts à St Léger à la prise de responsabilités au RF42, il retrace pour nous son parcours, entre apprentissage et passion de transmettre.

Bonjour Damien, qui es-tu ?

Je suis Damien Vernay, fraîchement trentenaire, je vis actuellement à Roanne et je suis originaire de Riorges. Professionnellement, je suis actuellement Assistant d’Éducation au Lycée Albert Thomas à Roanne. Avant ça, j’ai fait une licence STAPS et un Master Métiers de l’Enseignement à Saint Etienne. En dehors du foot, je suis amateur de séries et je regarde et m’intéresse au sport de manière générale.

J’étais attaquant mais j’étais surnommé « Pieds Carrés »!

Comment a commencé le football pour toi ?

J’ai commencé le foot en 97, à l’âge de 7 ans à St Léger sur Roanne. Ce ne sont que des superbes souvenirs, que ce soit sur le terrain et en dehors avec les parents. J’étais attaquant mais j’étais surnommé « Pieds Carrés »! Les coéquipiers, les parents et surtout mon coach, Franck Farge, pétaient des câbles… Je pouvais rater le truc le plus simple du monde comme mettre un but venu de nul part ! J’y ai joué jusqu’en 2003.
J’ai ensuite été recruté au CSADN par Didier Deschamps (j’adore placer cette phrase !) et j’ai développé la suite de mes gammes de footballeur au club depuis avec le Groupement de Jeunes du Loire Nord FC, puis le Loire Nord FC et enfin le Roannais Foot 42. À mon arrivée, je faisais de l’athlétisme à un très bon niveau mais j’ai dû faire un choix par la suite, j’ai choisi le sport collectif avec les copains… c’était peut être pas le bon finalement… (rires). En jeunes, j’ai joué quelques belles saisons en Ligue, mais ensuite, j’ai fait l’essentiel de mon parcours en District. J’ai évolué à différents postes tout au long de ma formation, et côtoyer de bons joueurs te fait forcément progresser. On avait une belle génération 90 avec de la concurrence, mais à un moment donné, j’ai manqué d’investissement et de niveau tout simplement. C’est le jeu mais on ne peut le comprendre qu’avec le recul. Je ne suis pas forcément un « enfant du club », n’ayant pas fait toute ma formation ici, mais j’y suis attaché depuis des années !

Tu t’es ensuite progressivement tourné vers le rôle d’entraîneur, qu’est ce qui t’as fais faire ce choix ?

Oui, c’est Cyril Klosek qui me l’a proposé en premier pour la saison 2009-2010, il manquait un éducateur U13. J’étais alors dans mes études STAPS. Je sentais que mon niveau de jeu personnel ne m’épanouissais plus, et avec l’éducation que j’ai reçu de mes parents, et la formation des différents coachs que j’ai connu, je crois que j’ai toujours eu cette volonté de transmettre, et ça faisait le lien avec mes études à ce moment là ! Mon père était dirigeant à St Léger, ma mère gardait des enfants, donc je savais ce que c’était de s’engager dans un club et auprès des plus jeunes. J’ai évidemment sondé mon entourage mais la réflexion n’a pas été longue, je me suis lancé dans le grand bain.

Ces moments là sont tops, tu découvres, tu te formes et on en découvre aussi sur toi-même.

Tu es aujourd’hui un entraîneur confirmé, comment en es-tu arrivé là ?

J’ai passé les premiers diplômes d’éducateur à ce moment là, dans mes premières années de coaching, en parallèle de ma licence. Ces moments là sont tops, tu découvres, tu te formes et tu en découvres aussi sur toi-même. J’ai ensuite travaillé de longues années sur la catégorie U13, que ce soit avec Cyril Cognet, Vincent Vial, Christophe Puleri et Armando Bianchi comme responsables. Chacuns m’ont apporté quelque chose, chaque année était une nouvelle aventure humaine. Et puis, il faut dire qu’au club, il y a toujours eu des éducateurs diplômés donc on apprend au contact des autres. En 2014, le club m’a fait encore plus confiance et m’a confié la responsabilité U13. C’était encore un rôle différent puisque en plus de devoir encadrer des jeunes, il faut être en capacité de gérer un staff, et là encore on apprend de tout le monde : Rémy Guillet, mon frère Alexiis, Luis Martin, David Raillard… Ensuite, je n’ai pas changé de catégorie jusqu’à cet intersaison. Je n’étais pas forcément demandeur, j’étais dans mon cocon en U13 et j’avais déjà doublé certaines années avec d’autres catégories. J’avais goûté aux U15 en entente avec le Coteau à mes tout débuts en 2010-2011, j’ai eu deux saisons les Seniors 3 comme entraîneur/joueur de 2013 à 2015 et en 2015-2016 j’ai eu les U17 (2) avec comme responsable un certain Christophe Laplace. Cette année là, j’ai passé et obtenu mon BMF ! Et après 10 années sur la catégorie U13, je crois que le club l’a senti et Vincent Decaluwe m’a alors proposé de passer sur du foot à 11 et la catégorie U14.

C’est aujourd’hui avec la catégorie U14 R1 que tu travailles, un niveau de pratique nouveau pour toi, quel est ton ressenti jusqu’à présent ?

Oui, c’est un niveau de pratique nouveau mais quand on m’a « vendu » le projet, le club et Vincent m’ont rassuré en me disant que la principale préoccupation serait de former des joueurs et que les résultats seraient secondaires. C’est ma façon de voir le football, je le répète assez aux joueurs « Le jeu avant l’enjeu » ! J’avais besoin d’être rassuré malgré tout et j’avais demandé à avoir quelqu’un d’expérience avec moi. J’ai la chance d’avoir à mes côtés cette saison Jean Michel Durantet, que j’avais eu comme éducateur, donc je crois qu’on s’est redécouvert et qu’on fait un beau mariage !
Concernant le groupe, le soucis était que je suivais les garçons que j’avais déjà eu en U13, mais avec le recul, ça me permet d’apprendre, en même temps qu’eux, les exigences de ce niveau. Le fait de connaître déjà le groupe m’a permis de gagner du temps en début d’année. On savait que le niveau de jeu allait être très compliqué, même si on découvrait cette création de niveau U14. On a fait des matchs de préparation en début de saison intéressants même si on essayait de préparer les garçons et les parents à une saison difficile footballistiquement et mentalement. Finalement on fait je crois une saison jusqu’à maintenant, plus qu’honorable !

Quels sont tes ambitions pour cette saison avec eux ?

Vu les résultats acquis sur la première phase, le mot d’ordre de la deuxième partie de saison était de continuer ce que nous avions fait dans le contenu tout en cherchant à faire mieux en terme de résultats. C’est ce que nous avions réussi à faire jusque là…
Maintenant, avec le confinement, on est dans l’attente de savoir quand et si nous allons pouvoir reprendre…

C’est un signe de la confiance que Olivier, le président, me porte, et de mon côté un signe de mon engagement et de mon attachement au club !

Et pour la suite, à titre personnel, dans le football et dans la vie ?

Alors niveau football, depuis cette année je suis rentré au Bureau Directeur du club, donc encore une nouvelle étape. C’est un signe de la confiance que Olivier, le président, me porte, et de mon côté un signe de mon engagement et de mon attachement au club ! C’est encore un moyen de mettre ma pierre à l’édifice d’une manière encore différente, mais ça permet de voir tout ce qu’il se passe dans l’envers du décor. On est en train de travailler avec David et Vincent sur le prochain organigramme sportif. Ma première casquette reste celle d’éducateur et tant que je pourrais concilier le tout, je continuerais à coacher. Professionnellement, j’arrive au bout de mes six années d’Assistant d’Éducation donc il y aura forcément des changements pour moi en Septembre, mais s’adapter, c’est le fort d’un éducateur !

Un petit mot en ces temps difficiles pour tout le monde ?

La priorité à l’heure actuelle, c’est de prendre soin de soi et de ces proches, de suivre les directives de l’état, et de rester confiné au maximum ! Plus tôt on reste confiné, plus tôt on endigue l’épidémie, plus tôt on pourra reprendre le football. Courage à tous, c’est une mauvaise période à passer tous ensemble ! À très vite sur les terrains !